Il y a des animations où les gens passent devant, regardent quelques secondes puis continuent leur chemin. Et il y en a d’autres où ils restent. Au départ ils ne veulent pas forcément participer, ils regardent simplement celui qui est déjà en train d’essayer. Puis une chute arrive, quelqu’un rit, un ami fait une remarque et deux personnes s’approchent encore un peu. Celui qui disait quelques minutes auparavant qu’il ne monterait jamais commence alors à demander comment cela fonctionne.
C’est souvent comme cela qu’une animation prend réellement. Pas uniquement parce que le candidat s’amuse, mais parce que ceux qui sont autour ont eux aussi quelque chose à regarder. Un volontaire tient dix secondes, le suivant pense qu’il fera mieux, une personne filme et un enfant appelle son père pour qu’il vienne voir. Et doucement le public qui était seulement spectateur commence lui aussi à entrer dans l’animation.
Le premier candidat sert souvent de déclencheur
Au début personne ne veut toujours être le premier. Le matériel est prêt, l’animateur attend et quelques personnes passent devant. L’une demande si cela va vite. Une autre veut savoir si l’on tombe facilement. Pourtant personne ne fait encore le pas car être le premier, c’est aussi accepter que tous les regards soient tournés vers soi pendant quelques secondes.
Puis quelqu’un se décide. Quelquefois c’est justement celui qui expliquait aux autres que cela ne devait pas être difficile. Il monte, on commence doucement et les premières secondes se passent bien. Les personnes autour comprennent alors immédiatement comment fonctionne l’animation. Elles voient comment le candidat tient, où il va tomber et surtout qu’après la chute il se relève généralement en riant.
À partir de là les choses changent. Un deuxième candidat se rapproche, un ami dit qu’il tiendra plus longtemps et une personne qui regardait de loin vient se mettre à côté. Le premier participant a finalement fait beaucoup plus que simplement essayer l’animation. Il a montré aux autres qu’ils pouvaient eux aussi venir.
Quand le public rit, les hésitants se rapprochent
On entend quelquefois une animation avant même de la voir. Un groupe éclate de rire et les personnes qui passent à quelques mètres tournent la tête. Elles veulent comprendre ce qui vient de se passer, avancent un peu puis restent pour regarder le candidat suivant. Il suffit quelquefois de quelques secondes pour qu’un petit groupe se forme.
Il ne faut pas toujours quelque chose d’extraordinaire. Une personne essaye de récupérer son équilibre, un mouvement arrive au moment où elle ne s’y attendait pas ou la chute intervient beaucoup plus tôt que prévu. Le public réagit immédiatement et cette réaction attire d’autres personnes.
- Un candidat arrive en disant qu’il va tenir longtemps puis tombe presque immédiatement.
- Deux amis commencent à se comparer avant même d’avoir essayé.
- Une personne qui refusait de participer finit par monter parce que tout son groupe l’encourage.
- Un enfant demande à son père ou à sa mère de faire un passage simplement pour pouvoir regarder la chute.
À ce moment-là le rire n’est plus seulement la conséquence de l’animation. Il devient aussi ce qui donne envie aux autres de rester quelques minutes de plus.
Voir quelqu’un tomber donne quelquefois plus envie que de le voir réussir
Un très bon candidat peut impressionner. Il monte, trouve rapidement son équilibre et tient longtemps. Ceux qui regardent trouvent cela amusant mais certains commencent aussi à penser qu’ils ne feront jamais aussi bien. Finalement celui qui réussit trop facilement peut donner l’impression que l’exercice demande beaucoup de technique.
Une chute donne une autre image. Le candidat perd l’équilibre, tombe sur la partie prévue pour cela puis se relève. Et souvent il rit lui-même avant les personnes autour. Les spectateurs comprennent alors que rater fait partie du jeu et qu’il n’est pas nécessaire d’être particulièrement doué pour venir essayer.
Le candidat suivant n’a plus forcément envie de battre un record. Il veut simplement voir ce qu’il va faire. Et quelquefois ce sont justement ceux qui restent le moins longtemps qui provoquent les meilleures réactions autour de l’animation.
Les spectateurs autour deviennent une partie de l’animation
Il y a celui qui participe et puis il y a tout ce qui se passe autour. Un ami donne des conseils alors qu’il n’est encore jamais monté. Une personne compte les secondes. Une autre filme avec son téléphone. Quelqu’un demande au candidat de tenir encore un peu et derrière, le suivant commence déjà à regarder comment il va s’y prendre.
C’est particulièrement visible pour une animation dans le Rhône, lors d’une fête, d’une manifestation ou d’un événement où les gens circulent autour du matériel. Une seule personne participe et pourtant dix ou quinze personnes peuvent regarder en même temps. Certaines resteront uniquement spectatrices alors que d’autres finiront quelques minutes plus tard par devenir candidates.
Il faut donc penser à ceux qui sont autour autant qu’à celui qui participe. Si le public doit se mettre dans un coin pour voir ou s’il se retrouve derrière le matériel, une partie de l’effet disparaît. Au contraire, lorsque plusieurs personnes peuvent regarder correctement, les réactions deviennent visibles et l’animation commence doucement à attirer d’autres personnes.
Une file d’attente peut se former sans que l’animateur appelle tout le monde
Au départ il n’y a personne. Puis un candidat arrive, ensuite un deuxième et quelques minutes plus tard trois ou quatre personnes attendent déjà. L’animateur n’a pas forcément fait une grande annonce au micro. Les passages précédents ont suffi. Un collègue veut faire mieux que son voisin, deux enfants demandent à essayer et un adulte qui regardait depuis plusieurs minutes finit lui aussi par se rapprocher.
Mais il faut regarder la file. Si elle devient trop longue, certains commencent à regarder ailleurs. Ils voient qu’il faudra attendre longtemps et repartent vers une autre animation. Il faut donc garder un certain rythme. Laisser au candidat le temps de profiter, bien sûr, mais ne pas faire durer inutilement un passage lorsque plusieurs personnes attendent derrière.
| Ce que l’on voit autour de l’animation | Ce qui arrive souvent ensuite |
|---|---|
| Un candidat tombe rapidement et se relève en riant | Les hésitants comprennent que la chute fait partie du jeu |
| Deux amis commencent à se défier | D’autres membres du groupe veulent eux aussi comparer leur temps |
| Plusieurs personnes sortent leur téléphone | Les passants comprennent qu’il se passe quelque chose et regardent à leur tour |
| Une petite file commence à se former | Les nouveaux arrivants voient immédiatement que l’animation attire du monde |
| Un candidat reste trop longtemps | Ceux qui attendent commencent à perdre patience ou à repartir |
| Le public voit mal ce qui se passe | Les personnes qui passent ont moins de raisons de s’arrêter |
Ce sont de petites choses, mais sur place elles changent rapidement l’ambiance. Une animation avec trois personnes autour ne donne pas la même impression que la même animation entourée par quinze spectateurs.
Le rôle de l’animateur change beaucoup de choses
Le matériel peut être exactement le même et pourtant l’ambiance sera différente selon la personne qui le fait fonctionner. Un opérateur qui reste derrière sa commande sans regarder autour ne donnera pas le même résultat qu’une personne qui observe les candidats, regarde le public et parle au bon moment.
Il ne s’agit pas de parler pendant quatre heures sans s’arrêter. Quelques phrases suffisent quelquefois. Demander au candidat s’il veut aller un peu plus vite, annoncer le temps réalisé ou dire au suivant qu’il vient de voir ce qu’il ne faut surtout pas faire. Le public entend, rit et continue à regarder. On retrouve d’ailleurs cette manière de travailler avec un magicien close-up à Grenoble pour un mariage ou un anniversaire. Il travaille avec une personne, mais les autres regardent aussi sa réaction et se rapprochent pour voir ce qui va arriver.
L’animateur doit surtout regarder avant d’agir. Une personne tourne autour depuis cinq minutes mais n’ose pas encore venir. Il suffit quelquefois de lui dire que l’on commencera doucement. Un autre arrive très sûr de lui et demande immédiatement davantage de mouvements. Ce n’est pas parce que deux personnes participent à la même animation qu’il faut leur proposer exactement la même chose.
Quand une personne ose, les autres se comparent immédiatement
Il suffit qu’un ami participe pour que les comparaisons commencent. « Moi je tiendrai plus longtemps. » « Il est tombé parce qu’il s’est penché. » « Il aurait dû faire autrement. » Ceux qui restent autour deviennent rapidement très forts pour expliquer ce que le candidat aurait dû faire.
Puis leur tour arrive. Et c’est là que cela devient amusant. Celui qui donnait tous les conseils tombe quelquefois encore plus vite. Les autres rient, il se relève et demande quelquefois à recommencer. Il n’est pas nécessaire de préparer un grand concours avec un règlement compliqué. La comparaison se crée toute seule.
- Le premier candidat donne déjà un temps à battre.
- Le suivant veut souvent demander un peu plus de vitesse.
- Une personne qui disait non change d’avis après avoir regardé ses amis.
- Celui qui réussit réclame quelquefois un deuxième passage.
- Ceux qui ne participent pas restent autour pour savoir qui va faire le meilleur passage.
Entre amis, collègues ou membres d’une même famille, le défi arrive donc naturellement. Et celui qui était spectateur quelques minutes auparavant finit souvent par vouloir vérifier s’il fera réellement mieux que les autres.
Le public ne vient pas seulement pour participer
On pourrait penser qu’une animation est réussie uniquement lorsqu’il y a beaucoup de candidats. Ce n’est pas tout à fait vrai. Une personne peut rester vingt minutes autour sans jamais vouloir essayer et pourtant s’amuser réellement. Elle regarde les passages, fait quelques remarques et attend surtout de voir ce que va faire la personne suivante.
C’est particulièrement visible avec les familles. Un adulte participe, son conjoint filme, les enfants encouragent et deux amis restent à côté. Un seul candidat occupe donc plusieurs personnes. C’est également ce qui se passe devant des marionnettes à Lyon. Les enfants regardent la scène, mais les parents regardent aussi leurs réactions, les réponses qu’ils donnent aux personnages et les moments où ils commencent à rire.
Il ne faut donc pas uniquement compter ceux qui participent. Celui qui regarde peut passer un très bon moment lui aussi. Il filme, encourage ou raconte ensuite ce qu’il vient de voir. Et quelquefois c’est même lui qui donnera envie à une autre personne de venir regarder.
Certaines animations fonctionnent mieux quand on peut tout voir autour
L’emplacement compte beaucoup. On peut avoir tout le matériel nécessaire, suffisamment de place et une installation correcte, mais si l’animation est cachée derrière une salle ou située loin du passage naturel du public, les gens vont moins facilement s’arrêter. Ils ne savent tout simplement pas ce qui se passe.
À l’inverse il ne faut pas non plus installer le matériel au milieu d’un passage où tout le monde devra contourner les spectateurs. Le bon endroit est souvent celui où les personnes peuvent voir sans gêner celles qui veulent continuer leur chemin. Une terrasse, un bord de place ou un espace légèrement en retrait mais bien visible peut quelquefois mieux fonctionner qu’un emplacement situé exactement au centre.
Avant l’ouverture, il suffit de regarder. Par où les gens vont-ils arriver ? Où vont-ils naturellement s’arrêter ? Est-ce que les personnes assises un peu plus loin peuvent voir le candidat ? Si quelqu’un sort son téléphone pour filmer, bloque-t-il tout le passage ? Une fois le public arrivé, il devient beaucoup plus compliqué de déplacer tout le matériel.
Le candidat qui fait rire attire souvent le candidat suivant
On imagine quelquefois que le meilleur passage sera celui de la personne qui tient le plus longtemps. Ce n’est pas toujours le cas. Un candidat qui lutte quelques secondes, retrouve son équilibre puis tombe au moment où tout le monde pense qu’il va réussir provoque souvent beaucoup plus de réactions.
Le suivant regarde alors très attentivement. Il vient de voir à quel moment l’autre a perdu l’équilibre et pense avoir compris l’erreur. Il monte avec une idée assez simple : faire mieux. Puis lui aussi découvre que les choses ne se passent pas forcément comme prévu.
C’est ce passage entre celui qui regarde et celui qui participe qui donne du rythme. Le spectateur devient candidat. Celui qui vient de tomber retourne ensuite avec les autres et commence à son tour à donner des conseils. Et la boucle recommence avec le passage suivant.
Trop vouloir faire participer peut au contraire faire partir certaines personnes
Tout le monde n’aime pas être appelé devant un groupe. Une personne peut rire pendant dix minutes, suivre plusieurs passages et pourtant ne jamais avoir envie de participer. Si l’animateur insiste trop ou l’appelle au micro devant ses amis, elle peut au contraire s’éloigner.
Il vaut mieux laisser venir. Montrer que l’animation est accessible, faire participer ceux qui en ont envie et laisser les autres regarder. Ils peuvent très bien changer d’avis quelques minutes plus tard. Et cela arrive assez souvent.
Au début une personne dit non. Deux amis passent. Elle se rapproche un peu. Puis elle demande si l’on peut commencer doucement. Quelques minutes plus tard elle participe. Si on l’avait forcée dès son arrivée, elle serait peut-être simplement partie voir autre chose.
Une animation doit aussi fonctionner avec ceux qui restent autour
Un spectacle vivant ne fonctionne pas uniquement avec la personne directement sollicitée. Un magicien à Lyon peut demander à un spectateur de participer pendant que cinquante autres personnes regardent ce qui se passe. Une seule personne fait quelque chose avec l’artiste, mais toute la salle attend le résultat.
Le principe est assez proche avec une attraction participative. Le candidat est au centre mais le public donne une grande partie de l’ambiance. Il rit lorsqu’il perd l’équilibre, l’encourage lorsqu’il tient et commence quelquefois déjà à commenter ce que fera le candidat suivant.
Il faut donc éviter de penser uniquement à celui qui monte. Celui qui reste autour doit pouvoir voir correctement, comprendre rapidement ce qui se passe et profiter du passage sans être obligé de venir se coller contre le matériel.
Les enfants regardent beaucoup ce que font les adultes
Lorsqu’une animation accepte différents âges avec un réglage adapté, les enfants regardent attentivement les passages des adultes. Ils voient les mouvements, les chutes et surtout ce qui se passe juste après. Si la personne se relève en riant, le matériel paraît déjà beaucoup moins impressionnant.
Un enfant peut hésiter lorsqu’il arrive. Puis il voit son père, sa mère ou un autre adulte essayer. À ce moment il commence quelquefois à demander s’il peut monter lui aussi, mais doucement. Il a déjà observé une partie du fonctionnement avant même de participer.
Et l’inverse existe. Un adulte voit un enfant tenir facilement et explique en riant qu’il devrait peut-être essayer lui aussi. Une nouvelle fois, ceux qui regardent donnent envie à d’autres personnes de participer.
Il ne faut pas confondre vitesse et spectacle
Faire aller une machine plus vite ne rend pas automatiquement l’animation plus amusante. Si tous les candidats tombent après deux secondes, le public comprend rapidement ce qui va arriver. Il n’y a presque plus d’attente et la chute devient prévisible.
Il faut quelquefois laisser le candidat tenir un peu. Il commence à prendre confiance, le public pense qu’il va peut-être réussir et seulement ensuite les mouvements peuvent augmenter. Les spectateurs suivent alors davantage le passage car ils veulent savoir combien de temps la personne va encore rester dessus.
C’est aussi plus agréable pour celui qui participe. Il a réellement l’impression d’avoir essayé. Il a eu quelques secondes pour trouver son équilibre puis la difficulté augmente. Le spectacle vient donc aussi de ce dosage et pas uniquement de la vitesse.
Le souvenir vient autant de ceux qui regardent que de celui qui participe
Après une manifestation, les gens ne parlent pas toujours du meilleur candidat. Ils parlent quelquefois de celui qui est arrivé très sûr de lui et qui est tombé après trois secondes. Ou de la personne qui avait refusé toute l’après-midi puis qui a finalement fait deux passages parce qu’elle avait trouvé le premier amusant.
Ils reparlent aussi de ce qui se passait autour. Celui qui criait des conseils alors qu’il ne voulait pas monter. Celui qui filmait tous les candidats. L’enfant qui demandait encore un passage. Ce sont des petits moments, mais comme plusieurs personnes les ont vus en même temps ils deviennent facilement des souvenirs communs.
Une animation réussie ne dépend donc pas seulement du matériel. Il faut regarder aussi ce qui se passe autour. Au début quelques personnes restent à distance. Puis elles s’approchent. Une première participe. Une deuxième pense pouvoir faire mieux. Et quelques minutes plus tard ceux qui étaient uniquement venus regarder commencent eux aussi à attendre leur tour.